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Le film-le-plus-grand-de-tous-les-temps

Le film-le-plus-grand-de-tous-les-temps
En général, le débat n'a pas vraiment lieu, ou plutôt il est clos en quelques secondes, en un (deux en fait) mot : Citizen Kane.
Il y a peu on pouvait encore lire sur Allociné :

Citizen Kane toujours en tête. Le premier film d'Orson Welles semble décidemment imbattable : l'oeuvre est citée depuis quarante ans comme le plus grand film de l'histoire du cinéma par les enquêtes réalisées tous les dix ans par le magazine anglais Sight & Sound.
La revue a une nouvelle fois demandé à 250 personnes du milieu du septième d'établir leurs préférences. Les résultats sont ensuite répartis en deux votes, avec d'un côté un groupe de critiques internationaux, et de l'autre, des cinéastes tels que Quentin Tarantino, Bernardo Bertolucci ou Michael Mann pour n'en citer que quelques uns. Plus de 700 films ont ainsi été cités au moins une fois.


Sur les neufs nominations du long métrage (Meilleur acteur, meilleur metteur en scène, meilleur montage...) c'est le seul prix qui lui a été décerné. En revanche, il a été sacré meilleur film par le National Board of Review et le New York Film Critics Circle.
Ce chef d'oeuvre qui déchaîna la critique met en scène la mort de William Randolph Hearst, le magnat de la presse américaine. Un journaliste mène l'enquête pour tenter de saisir la signification de ses dernières paroles : "Rosebud". Les innovations aussi bien sur le plan de la narration que des techniques de réalisation font de ce film un très grand classique.


Je n'ai à la limite rien à ajouter au dernier paragraphe sur ce film. Ma vision ne m'a pas transcendé. La faute à un manque de culture cinématographique peut-être, à un manque de "replacement" dans l'époque et dans le contexte sans doute. En plus il était tard, et ma dernière accolyte de route s'étant endormie, j'avais du mal à tenir la motivation (mauvaise excuse je l'admets).

Alors moi, même si je vais déchaîner les haines et les foules, j'ose, en cet instant précis, ecrire que selon moi, il y a un film qui lui tient hautement tête, Mulholland Drive.
Si je n'ai pas été subjugué par la vision de Citizen Kane, je l'ai été (et oh combien...) par celle de Mulholland Drive. Et c'était pire lorsque j'ai lu quelques explications dessus. Eh oui, contrairement à Citizen Kane, dans Mulholland Drive on ne comprend rien. Rien du tout. Et pourtant il est impossible de décrocher les yeux de l'écran. Les sensations (il ne s'agit plus que de sensations) sont tellement intenses... David Lynch vous fait ressentir des choses exceptionnelles, sans que même que vous sachiez quel est le personnage à l'écran. Toute forme de raison a disparue, toute forme de logique a disparue, Lynch ne construit plus que des sensations.
En réalité, il y a une logique terrible et implacable, celle du plus grand des symbolismes inconscients. Je ne peux malheureusement pas parler beaucoup du film, sans vous en dévoiler l'immense force, qui pourrait devenir une déception si vous veniez à comprendre trop tôt. Toute la découverte de la première vision (tellement importante pour ce film) aurait disparu. Je peux juste vous dire que David Lynch singe en un film d'une durée d'un cycle de sommeil, le plus grand mystère de chaque être humain biologique et éthique : son impossibilité à fuire son propre jugement sur ses propres actes et pensées.
Comme dirait Richard Berry : "Ca vous éton...". Ah non ce n'est pas celle-là désolé :-D. Non, Richard Berry a dit : "En chacun de nous il y a trois personnes : celle que l'on croit être, celle que l'on veut être, celle que l'on est. La troisième nous est totalement inconnue". En chacun de nous il y a un garde fou qui s'exprime de manière bizarre, symbolique (tant le garde-fou que la manière que ce qu'il exprime), qui surgit aux moments les plus inattendus, qu'il suffit d'écouter. David Lynch devient le garde-fou d'une fille.
Abordez Mulholland Drive en oubliant tout ce que vous savez, en vous séparant de toutes limites intellectuelles et rationnelles. Et quittez-le en ayant (ou pas, c'est encore mieux) votre propre interprétation. C'est tout ce que vous devez savoir si vous ne l'avez pas vu.

De plus, Citizen Kane / Mulholland Drive c'est le film du père contre celui du fils, sa lesbienne de fils, l'histoire d'un magnat de la presse, mégalomane égoïste et qui mourra seul en prononçant le mot qui lui évoquait ses derniers instants de liberté, ou l'histoire d'une personne qui s'est brulée (amputée) les ailes (angeliques) dans un amour impossible.
"Rosebud", si tu me lis, sache que le jour où tu meurs seul n'est pas arrivé, et tant qu'il n'est pas arrivé, il est évitable.
"C'est la fille", si tu me lis, sache que le jour où une clé bleue sera sur mon bureau, je serai prêt à te pardonner.
# Posté le mardi 15 août 2006 20:04
Modifié le lundi 28 août 2006 13:25

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