La première trilogie Star Wars est un must. Pourquoi ? C'est difficile à comprendre. On ne peut pas dire que l'histoire soit terriblement efficace, les personnages passionnants... En fait, si on y regarde de plus près, c'est simplement un lot de trois navets ! Mais quels navets ! Les navets les plus révolutionnaires de l'histoire du cinéma. On y prend un plaisir fou, c'est simple, direct. "Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut jamais oublier qu'ils le sont", c'est la devise Lucasienne. Il le fait très bien. Un style nouveau venait d'apparaître : le cinéma moderne américain, car s'en suivra Spielberg, Coppola... : La bande à Lucas. Sur ce seul plan, Le Seigneur des Anneaux ne peut pas rivaliser. Si Star Wars est une tête de proue (très niaise certes), LOTR serait plutôt un résumé de tout ce qui se fait actuellement. Car malheureusement ce qui suit LOTR, se rapprocherait plus de la tendance actuelle à bombarder de ce qui marche (la fantaisie dans ce cas-là, avec Narnia, et Harry Potter si on élargit), et n'est en rien créatif. Star Wars a ouvert le bal, et LOTR l'a fermé.
Pourtant, il faut dire que LOTR part avec quelque chose que Star Wars n'avait pas, un support, et peut-être le plus grand support de tous les temps, tant l'oeuvre de Tolkien est par(-)faite. Là où le génie de Jackson fait son effet, c'est bizarrement là où tous les detracteurs d'acharnent : la présence de Guerres, l'histoire Arwen-Aragorn, la modification de certains personnages et l'abscence de certaines scênes. Jackson a adapté à sa façon, et c'est une réussite. Il faut le voir détaché du livre, et si on veut le rattacher au livre, alors je dirais que la transposition est mieux que tout ce que l'on pouvait attendre. Les choix de Jackson sont irréprochables si on prend le temps d'analyser la situation 2 minutes. Ils ont tous leurs sens, et certains mêmes étaient inévitables (pour être un minimum cinégénique). Pour les guerres qu'on lui a tant reprochées, il semblerait que les gens aient la mémoire courte, et une confiance en l'Homme sans limite. Ce n'est toujours que pendant les guerres que les grandes décisions ont été prises, les grandes alliances fondées, les interêts personnels oubliés, une fois la mort et le sang devant notre porte, apportant avec eux le desespoir. Alors tout devient possible. Jackson a compris ça. Tous ses personnages évoluent lors d'instants cruciaux, où la mort est au tournant (l'exemple le plus frappant : le Roi Theoden honteux de lui-même décide de mettre de côté toutes les vieilles rancoeurs du passé avec son "rival" Aragorn lors de la bataille du gouffre de Helm, pour le suivre dans la mort prévue, et va ainsi sauver son peuple et regagner son honneur en se battant plus tard pour la Terre d'Aragorn). Le Seigneur Des Anneaux est l'histoire d'une guerre qui créera le monde que nous connaissons selon Tolkien. La plus grande des guerres, où chaque être vivant se battra : c'est le message de Tolkien, battons-nous, prenons parti, engageons-nous, même si la mort nous attend. Magnifiquement cristalisé par Jackson et la dernière marche des Ents, ... et beaucoup d'autres scênes ! L'histoire d'amour entre Aragorn et Arwen engagera les deux sujets primordiaux de Tolkien : la mort et l'honneur de se battre pour l'autre. Et tout est comme ça, je ne vais pas détailler toutes ses prises de position par rapport à Tolkien. Il est clair que sur le plan des "idées humaines", Star Wars ne peut rivaliser, n'en ayant aucune...
La deuxième trilogie Star Wars quant à elle, est je crois seulement un mauvais rêve... La première avait au moins l'honneur d'avoir un univers visuel tendant vers l'"industriel" extrêmement travaillé. Celle-ci est une vitrine de Too Much, de mauvais goût, de pauvreté scénaristique. Harry Potter chez Narnia. A la limite on pourra apprécier le travail sur les accessoires, les couleurs (bien qu'étant très flashies, quand celles de la première trilogie sont ternes et noires), la musique (que serait devenu tout ça sans la musique ?), et la complétitude du l'"Univers Star Wars" (n'ayant pourtant aucun sens ni interêt ^^),... des "bons" divertissements. La recette de faire rentrer un cube de 10 mètres dans un cercle de 10cm ne fonctionne plus vraiment, même si des fois elle marche bien et on y prend un certain plaisir (le personnage d'Anakin (trés fade pour le reste) et ses multiples confrontations au sabre-laser). Cette trilogie n'a que l'honneur de faire de la licence Star Wars l'histoire du plus grand méchant du cinéma.
LOTR / Star Wars : l'un essaye de mettre en forme des valeurs à l'echelle d'un peuple, l'autre est devenu un gigantesque parc d'attraction. Entre les deux mon coeur (ne) balance (pas).




